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« Les extrêmes se touchent, au niveau conceptuel et historique, les images du flâneur et de l’homme sandwich convergent. » Susan Buck Morse

Ce projet regroupe trois artistes et intellectuels qui ont regroupés d’autres artistes et intellectuels. Pas de garde-a-vous annoncé.Emmanuel Ferrand, Orion Maxted et Secteurfleche ont une démarche commune et un processus de pensée similaire : leur interprétation du monde et les images qu’ils construisent passent toujours par le prisme d’une compréhension musicale de ce qui les entoure. Il en résulte des objets, des interventions, des dessins ou des performances minimalistes et conceptuelles. Un propos et un ensemble organique et hétérogène qui n’obéit à aucune linéarité, un peu à l’image d’un arbre généalogique. L’image est un objet élastique est un projet simple, un foisonnement d’idées, une force informe et informée.

Une image.
Une image.
Le miroir d'une image. Une représentation non palpable.
Un accessoire embué dans un système dominé par des objectifs marchands dans lequel les discours n'auraient pas changés, mais où l'on s'adapte aux contextes et systèmes.

Et pourtant, c'est justement l'anticipation image-inée qui permet une vision émancipatrice de la concrétisation du monde de demain, et les artistes mettent expressément en avant le caractère vital du superflu. "Si on ne comprend pas l'utilité de l'inutile, l'inutilité de l'utile, on ne comprend pas l'art". L'utile peut donc être la conséquence de l’immatériel : car c'est après avoir été pensée et représentée que l'on peut inventer une vision sensible d'une idée.

Et l'on construit des reliefs, des formes, des sensibilités, et surtout des désirs: en engageant une production d'objets, existants, et souvent même échangeables ; mais avant tout en étant un générateur d'images chez celui qui les perçoit.
Chez l'artiste, donc l'instigateur, cela prend souvent fait et forme dans une posture de flâneur : une démarche qui s’appuie sur des instants de réflexions latentes et de résistance active. Prendre le temps d’être, et prendre le temps de ce que l'on devient, lentement. Une invitation au croisement de l'ouverture (la marche à suivre) et l'enfermement (un espace de méditation) qui insiste sur l'ordre conceptuel qui voudrait nous habiter.

Chez le spectateur, donc celui qui interprète, l'entre-deux intrigue. C'est précisément l'espace entre ce que l'on voit et ce que l'on projette, à travers le prisme de notre imagination et nos interrogations, qui nous permet de fantasmer des objets et des idées qui nous appartiennent, singulièrement.

Chaque image est de ce fait un objet élastique, et une partie du tropisme des formes et du monde à venir.

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Emmanuel Ferrand. Mal Localisé Dans Le temps et Dans L'Espace.
Le mardi 24 : A partir de 19h00

Emmanuel Ferrand avec deux partenaires ayant chacun une double personnalité (au moins!) Harold Schellinx (Logicien et musicien) et Namhee Kwon (artiste et spécialiste de philosophie orientale).

Le dimanche 29 : A Partir de 15h30

Emmanuel Ferrand avec trois partenaires ayant chacun une double personnalité (au moins!) Dominique Peysson (artiste et docteur en physique), Rinus van Alebeek (écrivain et cassettomane), Antoine Onzgi (Architecte et plasticien).
« L'objet élastique » sera interprétée de manière mathématique (topologique), mais non didactique, laissant ainsi à chacun une interprétation libre.
C'est la physicalité du son plutôt que la musique à proprement dit que Ferrand nous propose. En particulier, le phénomène ondulatoire en tant que processus incertain, mal localisé dans le temps et dans l'espace, qui s'oppose au phénomène discret, digital, à la pixellisation, et à l'échantillonnage. Des mathématiques il ne restera pas grand chose de directement visible, on y parlera plutôt de bande magnétique, de membrane de haut parleur, mais aussi de « pli », d'arêtes de poisson, de l'ontologie du temps, de putréfaction.
Vit et travaille à Paris. Enseignant-chercheur en mathématiques (UPMC) et aussi impliqué à la croisée des arts et des sciences, notamment via Dorkbot Paris ou le collectif La Générale. Performances et installations sonore avec le quartet DIKTAT.

Secteurfleche

Secteurfleche vit et travaille à Valence. Artiste polymorphe, son travail regroupe installations, vidéos, dessins et musique.

Seigneur ! Quels doux présages ! Puissent-ils se réaliser ! (...) Mais voyez-vous, comme Serge souvent me le murmure à l'oreille, entre deux lectures de Lautréamont et Groucho Marx durant ces longues et communes soirées où l'absence d'un foyer crépitant, crachant des flammes d'aigreur, noircissant davantage un monde particulièrement trouble, du fiel qui de nos oreilles souillent nos modestes couches, il me répète souvent ce proverbe (Moldave par ailleurs, hasard du calendrier, fichtre) : " la tête baissée n’est pas coupée, mais ne voit pas non plus le soleil". Ne comprenant point où il veut en venir, (...) je lui rétorque, une main délicatement posée sur sa poitrine :
" en dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l’homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire". Bonne nuit ! S'exclame-t-il avant de sombrer dans un profond sommeil, (...) la truffe sous une de mes aisselles, la bouche terriblement déformée par une joie subite ou éventuellement par un je-ne-sais-quoi émanant du mignon bosquet qui retient parfois efficacement une sudation excessive. Notre communication n'est pas au meilleur pour envisager une carrière Moldave et quand bien même, je connais les positions de Récalcitrant Serge sur la traduction (...) Je vous laisse deviner.
Je vous embrasse de ma plus tendre lèvre, l’inférieur, des remerciements gonflés d’âmes chavirées.
Secteurfleche sera en résidence à La Friche du 20 au 30 mars.


ORION MAXTED - [THE MACHINE]

Orion Maxted lives and works in Berlin and Amsterdam. His work bridges discourses between Live Art, music, programming and poetry and has been presented internationally in a range of alternative and mainstream contexts. He is a long-term collaborator of Nadege Derderian including co-curating the activities of Testing Grounds (2008-2012), and the transdisciplinary collective protoPLAY (2005-2010).
Maxted's work proceeds by stringing out a singular idea/image through repetitions and modulations to explore how far it can be extended, subtly generating an autonomous system from finite means. As its most ambitious, it is an attempt to colonise a space of exhaustive possibilities where no one can control what happens.
Since the beginning of 2014 Orion Maxted and his collaborators have been building a machine that produces language and performance, creating connections between linguistics, biological and social forms.
[THE MACHINE] is formed of people continually reproducing and mutating each other’s words and gestures. Output becomes input creating a continual live feedback-loop and the potential for the machine to reprogram itself.
By applying these processes to natural language, The Machine playfully generates shifting relationships and gets the viewer to wonder about the definition of a machine, and to maybe apprehend ourselves as one.